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Mercredi 4 novembre 2009 3 04 /11 /2009 09:38

Le ton a été donné le lundi 2 Novembre dernier, lors de la convocation par le ministre de l’intérieur, Jean François Ndongou, des leaders des formations politiques, pour les informer de la volonté de son département, d’appliquer les dispositions constitutionnelles relatives à l’incompatibilité pour tous fonctionnaires, de parallèlement occuper des fonctions de membre de bureaux directeurs ou bureaux exécutifs, de partis politiques, de syndicats ou d’associations.


La mise en application cette disposition de loi, viendrait bouleverser la configuration du paysage socio politique, en favorisant l’émergence d’une élite nouvelle, puisque les actuels leaders des formations politiques et des structures syndicales et associatives, sont tous ou presque, des fonctionnaires de l’Etat . Des responsabilités très prisées, qui sont à plus de 80% la chasse gardée de agents de l’administration publique.

Autre pratique qui pourrait profiter à d’autres, l’utilisation de ces plates formes politiques, associatives et sportives, comme tremplin d’ascension au sein de l’administration. Car dans de nombreux cas de figure, des opportunistes n’hésitent pas à transformer ces structures en fonds de commerce, en vue de s’attirer les faveurs du prince, ce, en contre partie de la satisfaction de motivations intéressées, allant des espèces sonnantes et trébuchantes, aux promotions administratives

fulgurantes. Si cette disposition est appliquée à la lettre, ils seraient de nombreux leaders syndicaux et politiques qui mourront de leur belle mort, du fait simplement de cette antinomie entre statut de fonctionnaires, et celui d’ acteurs politiques ou de la société civile de premier rang. Un examen sans complaisance de l’application de cette disposition de loi, semble relever de la minimisation des têtes de proue d’organisations de certaines corporations. Arrêtons nous le temps d’une illustration sur le syndicat des agents d’une quelconque corporation de l’Etat, au sein de laquelle les postes d’avant garde de syndicats seraient délaissés aux agents de la main d’œuvre non permanente par exemple, pour la seule raison qu’ils rempliraient les critères d’agents non fonctionnaires. Toute chose qui pourrait entraîner une baisse d’intérêt, puisque qu’aucun agent de l ’Etat ayant la tête sur les épaules, ne pourrait sacrifier son poste budgétaire pour se consacrer en bénévole convaincu, vue la quasi inexistence de recouvrements des cotisations de différents membres, pour le paiement des membres permanents et autres besoins divers.

Faustin Bouckoubi, secrétaire général de la formation au pouvoir, le parti démocratique Gabonais (PDG), Max Anicet Koumba, du parti gabonais des Gaulois , Benoît Mouity Nzamba, leader de l’une des factions du parti gabonais du progrès, Pierre Claver Nzeng Ebome du parti Africain pour le développement, Léon Mbou Yembi du forum Africain pour la reconstruction, Pierre Claver Maganga Moussavou du parti socialiste gabonais, bref la liste n’est pas exhaustive, accepteront ils sans broncher, que Jean François Ndongou leur arrache le pain de la bouche au nom d’une loi impopulaire ? Et que deviendront alors les grandes gueules hissées à la tête des syndicats ! Des structures qui leur donne droit de citer, et partant, d’exister sur la place publique.

Les enjeux sont donc énormes, car pour ce qui est du sport particulièrement, la question reste également entière, et de nombreuses personnes commencent à se questionner, sur l’attitude à adopter par les présidents des fédérations et des ligues, qui émargent tous ou presque sur le fichier de l’Etat. Les cas les plus frappants, sont notamment ceux de Placide Engandzas, fraîchement de retour à la tête de la fédération gabonaise de foot ball, avec la double casquette de haut cadre de la douane gabonaise, et de Léon louis Folquet Ogoula, président du comité olympique gabonais, et parallèlement directeur général de la compagnie national de la navigation intérieur (CNI).

Sans vouloir remettre en cause la loi existante, certains acteurs de la classe politique et de la société civile,’accordent pour l’adoption des amendements, en vue de coller cette disposition législative controversée aux exigences du moment.

L’application à la lettre de cette disposition, qui visiblement fâche, reviendrait à amorcer un séisme aux allures de fracture socio politique criarde et périlleuse. La sagesse commanderait de l’avis de certains analystes, d’éviter des changements brutaux.


Par delaeu - mardi 3 novembre 2009
Source : Koaci.com
Publié dans : POLITIQUE
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