Blog d'expression
et d'information libres
centré sur l'actualité
du Gabon,
de l'Afrique et du Monde
L’année 2009 aurait due marquer un tournant décisif dans la vie de tous
les gabonais avec l’alternance, après 42 ans d’immobilisme perpétrés par le régime dictatorial d’Omar Bongo Ondimba. Malheureusement, le Parti Diabolique gabonais (PDG), avec l’appui de la France
en ont voulu autrement en volant une fois de plus la victoire du peuple. L’élection présidentielle anticipée de 2009 a été une mascarade électorale, œuvre du fils du défunt président. Ayant eu
des informations selon lesquelles les résultats des urnes ne seraient pas respectés, l’opposition décide de faire pression de manière pacifique en assiégeant la CENAP le mercredi 04 septembre
jusqu’à jeudi dans la matinée. Voyant le fauteuil présidentiel tant convoité depuis plusieurs années lui échappé, il décide, avec l’appui de certains hiérarques du parti de faire un passage
musclé en envoyant un détachement de bérets rouges pour mâter les gabonais venus protéger leur choix. Les militaires avaient entre autres pour mission d’éliminer physiquement Pierre MAMBOUNDOU et
André Mba Obame.
Sur l’ensemble du territoire nationale et dans la diaspora, les gabonais ont assisté, choqués et interloqués à l’allocution du Ministre de l’intérieur déclarant Ali Bongo vainqueur de cette
élection. La contestation de ces résultats tronqués fut immédiate dans les villes de Libreville et Port Gentil avec la descente du peuple courroucé dans la rue.
Le jeudi 03 septembre 2009, jour de la proclamation officielle des résultats, l’avenir du Gabon fut assombri par les forces du mal. En effet, La déclaration d’Ali Bongo comme président de la
république gabonaise est venue annihiler l’espoir de toute une nation de voir enfin les choses changées. Le Gabon est devenu une monarchie à l’image du royaume chérifien dans l’entendement d’un
groupuscule de personnes liées par un seul intérêt, celui de préserver leurs fortunes acquises sur le dos du peuple.
L’arrivée au pouvoir d’Albert Bernard Bongo, devenu par la suite El Hadj Omar Bongo, puis Omar Bongo Ondimba à la tête de l’Etat a été aussi désastreux que la peste noire en Europe. Dans l’esprit
de beaucoup de gabonais, Omar Bongo fut celui - là qui apporta la paix au Gabon. Léon Mba laissa t il le Gabon en situation de guerre ? La réponse est connue
de tous. Cet homme était un dictateur animé par le seul désir de se servir et non de servir le peuple. Très vite, une opposition se créa dans le but de renverser ce régime « démoncratique ». Des
hommes intègres et dignes tels que Germain Mba, Joseph Redjambé, Maître Louis Agondjo Okawé, Simon Oyono Aba’a, pour ne citer que ceux là s’insurgèrent contre les agissements de Bongo et de son
régime. Malgré les violentes répressions, les assassinats politiques, la torture et les intimidations de tout genre, l’opposition gabonaise était décidée d’en finir avec ce système.
Le sommet de la Baule de Juin 1990 a sonné le glas du monopartisme et a ouvert la porte au multipartisme dans de nombreux pays africains dont le Gabon. C’est ainsi que le paysage politique
gabonais s’est diversifié avec la création de partis politiques de l’opposition qui, sous le parti unique était dans l’illégalité et ne pouvaient participer à des élections.
En 1993, pour jeter à bas le pouvoir du petit homme de Lewai , l’opposition décida de créer une coalition dont la dénomination était « Haut Conseil de la Résistance » (H.C.R) dont le porte
flambeau était le Père Paul Mba Abssele. C’était mal connaître la détermination d’Omar Bongo de conserver à tout prix son pouvoir. L’élection de 1993 fut l’une des pires que notre pays ait connu
tout long de son histoire depuis l’avènement du pluralisme politique en termes de violence, d’assassinats, de dégâts matériels, de perte de vies humaines, de licenciement et de séparations
familiales.
Le même scénario se reproduisit lors de l’élection présidentielle de 1998 dont le favori était Pierre MAMBOUNDOU cette fois-ci désigné par le H.C.R pour défendre ses couleurs. Toutefois, la
période post électorale ne connu des violences comme celle de 1993.
Peu à peu, de nombreux opposants rallièrent le camp de la majorité présidentielle, las de participer aux élections présidentielles sans pour autant obtenir la victoire. Très peu d’opposants
gardèrent le Nord en préservant leur détermination politique. Parmi ces leaders de l’opposition un seul a gardé la tête au dessus de la mêlée. Ce dernier est Pierre MAMBOUNDOU Président de
l’Union du Peuple Gabonais (UPG).
En 2005, les rangs de l’opposition gabonaise furent renforcés par l’arrivée de Zacharie Myboto, ancien baron du régime qui n’était plus en phase avec ce qui
se faisait au sein du PDG. Lors de cette élection, Pierre MAMBOUNDOU était encore présenté comme favori à cette échéance électorale. Là encore, les sondages et les urnes ont donné raison à Pierre
MAMBOUNDOU mais Omar Bongo a une fois de plus excellé dans le vole électoral.
En 2009 tout comme en 1998, Pierre MAMBOUNDOU a été le porte étendard d’une coalition cette fois-ci dénommée Alliance pour le Changement et la Restauration (A.C.R), composée de cinq partis pour
la plupart connus. Il n’est plus nécessaire de décrire les irrégularités constatées lors de cette élection présidentielle anticipée.
Après le hold up électoral effectué par Ali Bongo et ses complices, l’opposition a décidé de faire un bloc pour barrer la route à l’axe du mal. Il ne s’agit pas pour Pierre MAMBOUNDOU et ses
pairs de fuir leurs responsabilités, mais plutôt d’agir tout en tenant compte de l’environnement sociopolitique gabonais. Nous avons en face de nous un homme qui n’a pas de limite dans ses actes,
qui lorsqu’il ne peut corrompre, commet des assassinats et utilise l’armée comme arme de dissuasion ou de persuasion.
Les gabonais attendaient beaucoup de cette élection, Mais rien n’est encore perdu tant que l’esprit n’est pas vaincu. Hier nous n’étions qu’à cinq (UPG, UGDD, MSP, FAR, CDJ), aujourd’hui nous
sommes trois fois plus. Nous ne baisserons pas les bras contrairement à ceux que beaucoup de gabonais pensent, l’union et la collaboration contribuent à la restauration de la victoire du
peuple.
Auteur : Alice Azizet
Copyright http://www.upg-gabon.org/
COMMENTAIRES