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Dimanche 14 juin 2009 7 14 /06 /2009 09:36

NIAMEY (AFP) — Après plusieurs mois de bras de fer avec les institutions nigériennes, le président Mamadou Tandja semble avoir épuisé tous les recours légaux pour rester en place au delà de son second mandat, après l'annulation par la Cour constitutionnelle de son projet de référendum.

La Cour a annulé vendredi le décret par lequel il convoquait les électeurs le 4 août, pour un référendum censé lui permettre de briguer un troisième mandat en décembre, à l'issue de deux quinquennats consécutifs.


Dans la nuit, selon de bonnes sources, le président Tandja a réuni d'urgence ses ministres. Mais le pouvoir est resté silencieux sur ses intentions et la radio officielle se contentait samedi de diffuser des messages de soutien au président.

Le camouflet infligé par la cour est d'autant plus cinglant que les termes en sont très durs: "Le décret consacre un véritable détournement de pouvoir en ce sens que le Président de la République s?est érigé en constituant, en violation de la Constitution en vigueur".


La plus haute juridiction du pays a même fustigé une "procédure à peine déguisée de remise en cause d?une Constitution qu?il (le président) a, du fait de son serment, l?obligation absolue de respecter et de faire respecter".


Ce revers intervient après plusieurs tentatives du président Tandja de se maintenir en place.


Dans un premier temps, ses partisans avaient suggéré une "rallonge" de trois ans de son second mandat, qui expire le 22 décembre. Echec. D'où l'idée d'une nouvelle Constitution. Nouvel échec et nouvelle volée de critiques au Niger et à l'étranger.


La Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest (Cédéao), dont le Niger est membre, a notamment menacé de sanctions si le référendum
était maintenu. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'est également dit "préoccupé" et a appelé au respect de la Constitution.


La question est désormais de savoir ce que le pouvoir va et peut faire. "Toutes les portes se ferment. Une hypothèse serait d'aller aux législatives et ensuite de faire du nouveau parlement une assemblée constituante", estime un observateur sous couvert d'anonymat.

Le président semble dans une logique jusqu'au-boutiste, comme l'avait prouvé sa dissolution le 26 mai du parlement, au lendemain d'un premier avis de la Cour constitutionnelle contre "son" référendum.


Mais désormais, il doit compter ses amis.


Déjà en miette, du fait du bras de fer entre M. Tandja et son ex-premier ministre Hama Amadou, incarcéré pendant dix mois, le Mouvement national pour la société de développement (MNSD, au pouvoir), sort fragilisé de cet épisode.


Seuls quelques partisans du président au sein du mouvement disent qu'ils soutiendront leur chef "dans toute autre initiative". Et la Convention démocratique et sociale (CDS), le principal parti le soutenant, devrait retirer ses huit ministres du gouvernement actuel, selon un cadre du CDS ayant requis l'anonymat.


Quant à l'armée, malgré une forte tradition putschiste, elle a appelé la troupe à une "neutralité absolue".


Après cette "victoire", l'opposition, les syndicats et les ONG regroupés dans le Front de défense de la démocratie (FDD) qui avait saisi la Cour, avaient le triomphe modeste et maintenaient la pression samedi.


Une manifestation est maintenue dimanche, tout comme l'appel à la grève générale du 18 juin lancé par les sept centrales syndicales du pays, une première depuis 1993.


"Le président doit renoncer au référendum. Le risque d'un retour en arrière existe toujours, nous allons poursuivre le combat", a déclaré Mahamadou Issoufou, chef de file de l'opposition et président du FDD.

De Boureima HAMA
Source AFP NIAMEY

Publié dans : AFRIQUE
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