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Viol de masse de masse en Afrique : il faut mettre
fin à la "guerre silencieuse"
Plus d’un demi-million de femmes ont été violées en RDC depuis 15 ans
« La violence contre les femmes ne peut-être tolérée, qu’elle qu’en soit la forme, le contexte ou les circonstances, par aucun dirigeant politique ou gouvernement », déclarait le
Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, le 5 mars dernier, trois jours avant la Journée internationale de la femme. Et il ajoutait qu’une femme sur cinq dans le monde était
victime de viol, cet acte de barbarie…De fait, il y a une sorte d’universalité de cette sauvagerie. De ce Mal absolu… Il faut réagir.
Asha-Rose Migiro, Secrétaire général adjointe des Nations Unies, ancienne ministre tanzanienne chargée de l’égalité des sexes, annonçait ce 5 mars le lancement d’une base
mondiale de données informatisée pour recenser les violences sexuelles faites aux femmes. Ces déclarations font suite à la résolution (historique) 1820, du 19 juin 2008, du Conseil de sécurité de
l’ONU qui considère que les violences sexuelles, pendant et après la guerre, font partie des questions de Paix et de Sécurité. Du reste, le Secrétaire général Ban Ki-Moon soumettra, le 30 juin
2009, aux membres de ce conseil, un rapport sur l’application de cette décision. Il s’agit de mettre fin à la « guerre silencieuse » contre les femmes et les filles, pour reprendre les termes du
patron de l’ONU. En effet, la guerre contre le terrorisme sexuel est d’abord une attaque contre le silence des crimes sexuels de masse, du fameux féminicide dont parle Perla Servan-Scheiber à
propos de la destruction des femmes dans le Kivu, en République démocratique du Congo.
« Stop au viol », tel est la slogan d’une organisation américaine de femmes (devenue internationale), le
VDAY (Vagina Day), qui a adressé une lettre au président Obama lui demandant de faire de ce qu’il est dans son pouvoir pour protéger les femmes de la RDC et d’encourager la
Communauté internationale à sévir sur les leaders congolais qui utilisent les viols de masse comme arme de guerre.
Sans la femme africaine, point de développement
En effet, dans la région des Grands Lacs, depuis 15 ans, la destruction massive et systématique des vagins des
femmes et fillettes est planifiée… Plus 500 000 violées, dont 45 000 rien qu’en 2007, selon les estimations du gynécologue congolais Denis Mukwenge, prix Olaf
Palme 2008, qui s’atèle avec ses équipes à la « reconstitution » des vagins mutilés par des hordes de tous bords et autres soudards, vagabonds en treillis armés de kalachnikov ou, pire,
d’enfants-soldats drogués à la dérive.
La Kényane Wangari Maathai, prix Nobel de la Paix 2004, écologiste, rappelle à juste titre que
les viols des femmes dans les conflits ethniques au Darfour et en Birmanie brisent les liens familiaux, et fissurent le tissu social. « Les femmes paient le prix le élevés de ces conflits » armés
aux enjeux plus que douteux : une course effrénée aux richesses naturelles avec ses corollaires inévitables, le pillage et les meurtres. Bref, le massacre à grande échelle, et plus
particulièrement des femmes, des fillettes, pire des grands-mères… Or, sans les femmes, il n’y aura pas de développement de l’Afrique.
Par Bolya Baenga, écrivain congolais, dernier ouvrage paru la profanation des vagins, le Serpent à plume, 2005.
Consulter :
Le dossier spécial de MSF sur le site
Etat critique
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Photo : AP/ Gary Knight/ VII
samedi 7 mars 2009, par Bolya
Baenga (AFRIK.COM)
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